TUMULTES 4/4/06 : CHRONIQUE DU CHRONIQUEUR A COEUR et MUSIQUES TUMULTUEUSES TUMULTES
mercredi 5 avril 2006
Pour écouter l’émission, cliquer ici
Musiques tumultueuses au programme :
Monkomarok
Clap your hands say yeah
Katerine
The EX
IVA BITTOVA (2 extraits de "Elida"avec Bang on a can all stars)
Jah Wobble
Rachid Taha
Fred Frith mix
La Chronique du chroniqueur à coeur, présentée par Xavier : le texte !!
Le printemps – Tumultes 04 04 06
Je ne sais pas si vous avez remarqué, M Tumultini, mais c’est le printemps… ! Le printemps, saison délicieuse où l’on se rend soudain compte que l’hiver a une fin, que nous ne sommes pas condamnés à la grisaille et aux froid perpétuels et que les fleurs existent toujours et font fleurir les couleurs.
Mais pardonnez mon humeur naïvement bucolique qui ne s’explique bien sûr pas seulement par le retour du soleil et des petits oiseaux…J’ai en effet quelques motifs supplémentaires de me sentir particulièrement réjoui, et je les dois à la jeunesse de notre pays qui depuis plus d’un mois donne une leçon d’énergie, de courage et de démocratie à tous ses aînés.
Nous ne savons ni vous ni moi comment vont évoluer les choses, mais la lutte contre le Contrat Première Embauche est déjà une victoire en soi. Une victoire démocratique, d’abord, et à plusieurs titre : ces dernières semaines se sont ouvert partout en France des espaces de débat qui faisaient cruellement défaut. Dans les assemblées générales, dans la rue, dans les familles, entre amis, les étudiants et lycéens ont exposé puis défendu leurs arguments de façon déterminée mais toujours pacifique et joyeuse. Leur souci de la démocratie, de la transparence et du nationale et la réalité sociale. Galouzeau et ses acolytes avaient réussi à affaiblir des organisations syndicales mi chèvre mi chou, mais il n’a pas réussi à étrangler toute une génération. Et nous devons nous en réjouir, car étouffer l’expression démocratique de celles et ceux qui construiront l’avenir, c’est détruire cet avenir. Galouzeau s’est pris pour Thatcher. Mais les jeunes se demandent avec raison pourquoi la France, un des pays les plus riches de la terre n’aurait-elle pas les moyens d’offrir un avenir digne à ses enfants ? Ils refusent les systèmes à l’américaine ou à l’anglaise, machines à broyer de l’humain, qui multiplient les inégalités à l’intérieur de leurs frontières et qui en arrivent à déclencher des guerres pour défendre des intérêts égoïstes et cyniques.
Lorsque des centaines de milliers d’adolescents et de jeunes s’organisent de façon autonome pour occuper leurs écoles, leurs université, qu’ils réfléchissent, débattent, agissent, font bouger les choses, orespect de l’expression des minorités leur a permis d’éviter toute récupération grossière. Ils ont réussi à convaincre leurs proches et l’opinion entière, mais aussi à poser au centre du débat des questions aussi essentielles que celle du travail salarié, du partage des richesses, de la place et de la fonction de l’économie dans nos sociétés. La jeunesse ne pouvait pas offrir de plus beau pied de nez à un premier ministre qui n’a jamais daigné se soumettre au suffrage universel. Un premier ministre dont le travail de persuasion et de conviction se borne à sortir de l’océan en caleçon de bain sous les flash de journalistes complaisants.
Les rôles se sont subitement inversés : une jeunesse que l’on disait apathique, individualiste, consommatrice montre aujourd’hui à ses parents que la tristesse et la résignation ne sont jamais des perspectives satisfaisantes. Ils ne veulent pas se contenter plus longtemps de contradictions aussi flagrantes que celle qui existe entre notre devise n a tout à coup moins peur d’évoquer d’autres possibles. Beaucoup d’adultes, qui ont du mal à comprendre que l’Histoire a toujours été une construction humaine, réclament des solutions immédiates et un système parfait et total qui s’imposerait du jour au lendemain. Les étudiants et lycéens leur expliquent poliment qu’ils n’en ont pas à leur proposer. Jusque là, bien des solutions politiques ont échoué et les nouveaux modèles restent à inventer. Les jeunes nous y aident en tout cas depuis deux mois et se montrent tout à fait dignes de confiance pour réussir à relever ce défi.
Puisque nous parlons d’Histoire avec un grand H, mais aussi de résistance, je terminerai cette chronique par la lecture d’un extrait de l’appel des résistants, publié en 2004 à l’occasion du 60eme anniversaire de l’adoption du programme du Conseil National de la Résistance (http://www.acrimed.org/article2323.html) :
« Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités
publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer
ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance
(C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et
retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques " , droit à la
culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la
corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il
manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes
sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté
depuis la Libération, période où l’ Europe était ruinée ? Les responsables
politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent
pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature
internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. »
Toujours censuré par les grands médias, cet appel a été rediffusé ces jours-ci. Les signataires (parmi lesquels Lucie et Raymond Aubrac, Jean Pierre Vernant, Germaine Tillion et bien d’autres) y ont ajouté une citation du sieur Galouzeau de Villepin, qui a déclaré le mardi 28 mars devant l’UMP à l’assemblée : « Il y en a assez que la rue veuille dicter sa loi à la République ». A cette sentence exaspérée, les résistants, mais aussi la jeunesse, répondent par l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs… »
« A las barricadas » - Les amis d’ta femme
Documents joints
- Document (MP3 – 42.2 Mo)
Vos commentaires
Le 8 avril 2006 à 18:19
par sarah
merci... pour cette hommage
a mon tour de le faire
hommage a la france que j’aime, a celle dans laquelle je crois et qui m’a aider a me battre aujourd’hui.
pas al peine de reformuler ce qu’une artiste de talent sait si bien faire....
"Ma France à moi elle parle fort, elle vit à bout de rêves,
Elle vit en groupe, parle de bled et déteste les règles,
Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre,
Elle joue au foot sous le soleil souvent du Coca dans la gourde,
C’est le hip-hop qui la fait danser sur les pistes,
Parfois elle kiffe un peu d’rock, ouais, si la mélodie est triste,
Elle fume des clopes et un peu d’shit, mais jamais de drogues dures,
Héroïne, cocaïne et crack égal ordures,
Souvent en guerre contre les administrations,
Leur BEP mécanique ne permettront pas d’être patron,
Alors elle se démène et vend de la merde à des bourges,
Mais la merde ca ramène à la mère un peu de bouffe, ouais.
Parce que la famille c’est l’amour et que l’amour se fait rare
Elle se bat tant bien que mal pour les mettre à l’écart,
Elle a des valeurs, des principes et des codes,
Elle se couche à l’heure du coq, car elle passe toutes ses nuits au phone.
Elle parait faignante mais dans le fond, elle perd pas d’temps,
Certains la craignent car les médias s’acharnent à faire d’elle un cancre,
Et si ma France à moi se valorise c’est bien sûr pour mieux régner,
Elle s’intériorise et s’interdit de saigner. Non...
C’est pas ma France à moi cette France profonde
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l’on plonge
Ma France à moi ne vit pas dans l’mensonge
Avec le coeur et la rage, à la lumière, pas dans l’ombre.
Ma France à moi elle parle en SMS, travaille par MSN,
Se réconcilie en mail et se rencontre en MMS,
Elle se déplace en skate, en scoot ou en bolide,
Basile Boli est un mythe et Zinedine son synonyme.
Elle, y faut pas croire qu’on la déteste mais elle nous ment,
Car nos parents travaillent depuis 20 ans pour le même montant,
Elle nous a donné des ailes mais le ciel est V.I.P.,
Peu importe ce qu’ils disent elle sait gérer une entreprise.
Elle vit à l’heure Américaine, KFC, MTV Base
Foot Locker, Mac Do et 50 Cent.
Elle, c’est des p’tits mecs qui jouent au basket à pas d’heure,
Qui rêve d’être Tony Parker sur le parquet des Spurs,
Elle, c’est des p’tites femmes qui se débrouillent entre l’amour,
les cours et les embrouilles,
Qui écoutent du Raï, Rnb et du Zouk.
Ma France à moi se mélange, ouais, c’est un arc en ciel,
Elle te dérange, je le sais, car elle ne te veut pas pour modèle.
C’est pas ma France à moi cette France profonde
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l’on plonge
Ma France à moi ne vit pas dans l’mensonge
Avec le coeur et la rage, à la lumière, pas dans l’ombre.
Ma France à moi elle a des halls et des chambres où elle s’enferme,
Elle est drôle et Jamel Debbouze pourrait être son frère,
Elle repeint les murs et les trains parce qu’ils sont ternes
Elle se plait à foutre la merde car on la pousse à ne rien faire.
Elle a besoin de sport et de danse pour évacuer,
Elle va au bout de ses folies au risque de se tuer,
Mais ma France à moi elle vit, au moins elle l’ouvre, au moins elle rie,
Et refuse de se soumettre à cette France qui voudrait qu’on bouge.
Ma France à moi, c’est pas la leur, celle qui vote extrême,
Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM,
Celle qui s’croit au Texas, celle qui à peur de nos bandes,
Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante.
Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes,
Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l’hospice,
Non, ma France à moi c’est pas la leur qui fête le Beaujolais,
Et qui prétend s’être fait baiser par l’arrivée des immigrés,
Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d’être ouverte,
Cette France hypocrite qui est peut être sous ma fenêtre,
Celle qui pense que la police a toujours bien fait son travail,
Celle qui se gratte les couilles à table en regardant Laurent Gerra,
Non, c’est pas ma France à moi, cette France profonde...
Alors peut être qu’on dérange mais nos valeurs vaincront...
Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse,
Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu’à ce qu’ils nous respectent."
diam’s
Tumultes, c’est trop "génération Nan Nan" !
Suivre les commentaires :
|
