TUMULTES 16/05/06 : le poème provisoire de S. Nève, interviews de Jérôme Leroy et de Laurent Martin "SHANGHAI EXPRESS" TUMULTES
jeudi 18 mai 2006
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Au sommaire de cette émission :
– le poème provisoire de Sylvie nève(voir texte ci-dessous),
– le journal de tumultes : interviews de Jérôme Leroy, écrivain, et de laurent Martin, écrivain et directeur de publication de la revue "Shanghai express".
Ces interviews ont été réalisées lors du Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale du 1er mai 2006 à Arras.
Musiques :
– Cheikha Rimitti "Daouni"
– Orange Blossom
– Marcel Kanche
– Anne Pierlé et White velvet
– The Raconteurs
– Roberto Rodriguez ("Baila !Gitano baila !")
– Marc Ribot ("Saints")
– Marc Ribot / Noël Akchoté ’"Lust")
– Rachid Taha
– Rocé
– Giovanni Mirabassi ("Bella ciao")
– Balanescu Quartet (David Byrne)
Du Tumulte dans les Contes de fées !
Peau d’âne, poème expansé, poème provisoire de Sylvie Nève, 3ème semaine de mai 2006.
Résumé des chapitres précédents :
Souillon qui vaque aux cochons d’une riche métairie visitée parfois par le fils du Roi de ce Royaume, Peau d’âne est aussi une jeune fille qui s’émeut et rêve… Ce beau Prince pourrait peut-être bien lui offrir une robe, lui aussi !
M’offrirait-il une robe
oh oui
m’offrirait-il une robe
pour rire
m’offrirait-il une robe
pour rire ensemble
m’offrirait-il une robe
riante
oh oui, une robe riante…
M’offrirait-il une robe
m’offrirait-il une robe
friante, friolante, vive
une robe à dire vrai
m’offrirait-il une robe
rien qu’une
pour de vrai
recevoir une robe
pour vraie
et que je la connusse évidemment être telle
m’offrirait-il une robe
toujours vraie
m’offrirait-il une robe
une robe bien faite
pour moi
vrai, m’offrirait-il une robe
m’offrirait-il bel et bien
une robe bien faite
ou non, et même
vraiment
en soi une robe
une robe à bien dire
m’offrirait-il une robe
de rien, m’offrirait-il
une robe de rien
que je m’en trouverai
m’entrouvrirais
m’offrirait-il une robe de rien
que je m’en trouverais
plus parée
que jamais !
Ne peut s’empêcher de penser
rougissante sous l’habit de souillon
la princesse cachée
dans la peau de l’âne.
Le Prince et ses amis allaient et venaient
au gré de leurs chasses
s’arrêtant chaque fois pour faire boire
les chevaux, consulter les fauconniers.
Un jour que le jeune prince s’était écarté
seul et rêveur, à la lisière de la ferme
et de ses prés, il aperçut
une cabane
– de Peau d’âne, l’humble séjour –
une simple cabane
d’où s’échappaient une voix, un chant
fort beaux…
S’approchant, intrigué, il aperçut
à travers les planches
la jeune personne la plus riche-
ment vêtue qui se peut imaginer
d’or tissée et de diamants entremêlés
la robe à elle seule est un trésor
porté par plus appréciable trésor encore
la jeune personne, son port, sa taille
ses formes gracieuses, le timbre de sa voix
ses traits fins, sa vive blancheur
toute l’expression de son visage
et toute l’impression de beauté et de grâce
de fraîcheur, de retenue et de douceur
enfin un sentiment de sagesse et de pudeur
d’intelligence et de grandeur, donnait à penser
qu’on rencontrait là personnalité aussi belle
que la jeune personne, pour l’œil, l’était.
Dix fois, Le prince se retient de frapper à la porte
ou de l’enfoncer : l’apparition est une déesse
à n’en pas douter.
Il rentre au Palais et n’en sort plus
nuit et jour il soupire
le bal, la chasse, la comédie
Carnaval même, n’ont plus aucun attrait.
Envie et allégresse l’ont fui
Il se sent mal
il ne mange plus
il ne dort plus.
A la cour, une seule question sur toutes les lèvres :
quelle est donc cette maladie soudaine ?
Une anorexie foudroyante, une langueur mortelle ?
Du fond de son lit, le prince est obsédé
nuit et jour, par cette seule question :
« Qui est cette nymphe admirable
qui vit dans une basse-cour
au fond d’une allée obscure
dans une cabane parfaitement misérable ? »
On fait venir le métayer au Palais
le prince lui pose la question
cette seule question qui l’obsède :
« Qui est cette nymphe admirable
qui vit derrière la basse-cour
au fond d’une allée obscure
dans une cabane fort misérable ? »
Le métayer, brave homme, répond sans façon :
« C’est, dit-il, Peau d’âne ! En rien nymphe ni admirable
on l’appelle Peau d’âne, à cause de la peau
dont elle s’habille pour cacher sa crasse !
De l’amour, c’est le vrai remède – oh Monseigneur
Peau d’âne ? C’est la bête
en un mot la plus laide
qu’on puisse voir après le loup !... »
Documents joints
- Document (MP3 – 40.2 Mo)
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