TUMULTES 20/06/06 : POEME PROVISOIRE et TUMULTE MUSICAL TUMULTES
jeudi 22 juin 2006

Pour écouter l’émission, on peut aussi cliquer ici ou utiliser la barre de lecture au bas de cet article !
Au sommaire de cet émission :
– le poème provisoire de Sylvie Nève (texte, voir ci-dessous),
– tumulte musical
Les musiques :
* Roberto Rodriguez
* Cheikha Rimitti
* Iva Bittova
* Moondog
* DJ Shadow
* Pascal Comelade
* Jah Wobble/Holger Czukay
* Pascal Comelade/Pierre Bastien/Jac Berrocal/Jacky Liebezeit
* Lars Hollmer looping home orchestra live
* Taraf de Haidouk
* Senem Diyici
* Mulatu Astatqè (Ethiopiques, vol.4)
* Electric Masada
Du Tumulte dans les Contes de fées !
Peau d’âne, poème expansé, poème provisoire de Sylvie Nève, 3ème mardi de juin 2006.
Résumé des chapitres précédents :
A travers les planches d’une pauvre cabane, le prince a vu la plus belle des princesses…Il en tombe aussitôt amoureux – qui est cette nymphe admirable recluse dans une basse-cour ?
Du fond de son lit, le prince est obsédé
nuit et jour, par cette seule question :
« Qui est cette nymphe admirable
qui vit dans une basse-cour
au fond d’une allée obscure
dans une cabane parfaitement misérable ? »
On fait venir le métayer au Palais
le prince lui pose la question
cette seule question qui l’obsède :
« Qui est cette nymphe admirable
qui vit derrière la basse-cour
au fond d’une allée obscure
dans une cabane fort misérable ? »
Le métayer, brave homme, répond sans façon :
« C’est, dit-il, Peau d’âne ! En rien nymphe ni admirable
on l’appelle Peau d’âne, à cause de la peau
dont elle s’habille pour cacher sa crasse !
De l’amour, c’est le vrai remède – oh Monseigneur
Peau d’âne ? C’est la bête
en un mot la plus laide
qu’on puisse voir après le loup !... »
Le métayer, sans façon, a beau dire
le Prince n’en a cure ;
il garde pour lui sa question lancinante :
qui est donc cette nymphe admirable
qui vit derrière la basse-cour
au fond d’une allée obscure…
Amour a tracé un portrait
sans poils, sans crasse
où seules grâce et finesse
pudeur et beauté font l’image
gravée là au cœur du Prince
à jamais, et en rien bête
la plus laide qu’on puisse voir
après le loup !...
La reine , sa mère, à son tour, pleure et se désespère
« Qu’avez-vous mon fils, qu’avez-vous donc ?
Que puis-je faire pour vous ?
Mon fils, mon unique fils, parlez-moi
que voulez-vous ? Dites-moi
confiez-vous à moi, mon cher fils… »
Sa chère mère a beau le presser
contre son cœur, et de questions
le Prince se tait, soupire et gémit.
Enfin, il appelle sa mère et déclare
savoir ce qu’il veut :
que Peau d’âne lui fasse un gâteau.
La mère accepte et se retire
et répète la phrase de son fils en se demandant
ce qu’elle peut bien vouloir dire :
que Peau d’âne fasse un gâteau !?
Son cher fils a-t-il la fièvre ?
Comment la peau d’un âne pourrait-elle
faire un gâteau ?
On l’éclaire sur l’existence de la souillon
recouverte d’une peau d’âne
derrière la basse-cour et la soue à cochons…
Ciel ! Un gâteau d’une telle main !
« Eh bien, vite, il n’y a pas de temps à perdre
le Prince veut un gâteau de la main
de cette Peau d’âne, allez vite la prier
de faire un gâteau. » s’exclame la chère mère
qui ne songe qu’à satisfaire son fils.
Et l’on part en grande pompe ordonner à la souillon
de faire un gâteau pour le Prince !
Peau d’âne ne se fait pas prier :
farine, sel, beurre et oeufs frais
qu’elle emmène dans sa cabane où d’abord
elle se décrasse, et s’habille richement
pour honorer la royale commande !
Elle mêle habilement les oeufs frais et la farine
pétrit longuement la pâte
y met les doigts et toute la main
y perd une bague
ou bien la glisse à dessein avant la cuisson
comme fève d’amour.
Quel cadeau glisser au Prince dans le gâteau
sinon une bague, fève d’amour...
Le gâteau tout juste tiéde, fut amené en grandes pompes
au château où le Prince reprit vigueur
rien qu’en le voyant. Mangeant d’un appétit
qui faisait plaisir à voir
le Prince croqua la fève, retira l’anneau de sa bouche
et fut ravi de s’imaginer
le doigt fin de sa déesse
la nymphe qui vivait recluse dans la pauvre cabane...
A cette pensée, il ne sortit plus du lit
Et les médecins, le voyant maigrir de jour en jour,
jugèrent tous, ramenant leur science,
qu’il était malade d’amour.
Et les médecins tous ensemble prescrivirent le mariage
l’hymen comme remède
exquis contre cette maladie.
Le Prince, d’abord hostile à ce remède, vit bien le parti
qu’il pouvait en tirer.
Je veux bien me marier, dit-il, pourvu que l’on me donne
en mariage, la personne
à qui cet anneau s’ajuste
parfaitement.
Toutes les jeunes filles de noble naissance
prétendent enfiler l’anneau
des plus jeunes princesses au moins jeunes
puis viennent les marquises et les duchesses
les comtesses et les baronnes
et toutes les nobles personnes
présentent tour à tour leur main
et la présentent en vain.
Puis prétendirent à l’anneau
toutes les jeunes filles du royaume
charmantes et menues
dont la main, enfin, semblait satisfaire
à l’étroitesse du bijou
las, toujours trop petite et trop ronde, la bague
d’un dédain presque égal rebutait tous les doigts.
Et le défilé reprit
toutes les chambrières
toutes les cuisinières
toutes les dindonnières
toutes les servantes du royaume
quelque fut la grosseur de leurs doigts
espéraient, elles aussi, un heureux destin
mais en vain.
On vint prévenir le Prince, le Roi et la Reine
que toutes les jeune filles du royaume
nobles ou pas, s’étaient présentées, mais en vain.
Reste Peau d’âne, la souillon
elle seule, n’a pas essayé l’anneau.
Le Prince l’envoie chercher
Elle, dessous le pauvre habit, la peau de l’âne
tend une main qui semble de l’ivoire
et des doigts minces, tout prêts à accueillir l’anneau.
La Cour en a le souffle coupé
L’anneau a glissé, sans forcer, s’est ajusté.
Des cris s’élèvent parmi les courtisanes, on en tombe à la renverse,
on refuse l’évidence
cette main-ci, et elle seule, peut porter l’anneau.
Peau d’âne demande au Roi la permission
d’aller plus dignement se vêtir.
Sur son passage, les quolibets reprennent
mais quand elle revient, la stupeur est sur tous les visages
jamais on n’avait vu robe si resplendissante
yeux si bleus, grands, doux et longs
aimables cheveux blonds mêlés de diamants
taille enfin, si menue et si fine !
Seul le Prince n’est pas surpris :
heureux, il retrouve enfin la déesse
la nymphe aperçue dans la pauvre cabane.
Le mariage est promptement célébré
en présence de nombreux Rois et Reines
mais nul Roi n’y parut avec tant d’éclat
que le père de l’épousée
qui d’elle autrefois amoureux
avait avec le temps banni de son coeur
l’impossible passion.
Il s’était remarié et présenta son épouse :
La Marraine !
Pleurant de joie, la princesse et la Marraine
s’étreignirent, s’embrassèrent
tombèrent dans les bras l’une de l’autre
et se témoignèrent longuement mille tendresses.
Et le gendre et le beau-père eurent le temps
tout le temps
de faire connaissance.
FIN
Documents joints
- Document (MP3 – 41.5 Mo)
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